Fondateur en 2022 de la SA2IF, une société d’intermédiation financière ouest-africaine, Constantin Dabire souhaite attirer les capitaux du monde entier pour contribuer à développer une Afrique jeune, urbaine et en pleine mutation.
Pour répondre aux forts besoins d’infrastructures du continent, l’entrepreneur a ouvert une filiale au Canada, baptisée Sitexco, afin de séduire les investisseurs occidentaux ou asiatiques grâce à des rendements plus élevés qu’ailleurs dans le monde. Entretien avec une figure incontournable de la finance africaine pour qui le continent demeure, à condition de passer outre certains préjugés, plus que jamais une formidable terre d’opportunités.
Vous êtes le fondateur de la société financière SA2IF au Burkina Faso. Pourquoi avoir ouvert Sitexco au Canada ?
Constantin Dabire : La SA2IF a connu une rapide croissance depuis sa création en 2022, au point de s’imposer, aujourd’hui, comme une SGI incontournable dans la zone UEMOA, singulièrement au Burkina Faso. Une zone au sein de laquelle la recherche de ressources financières se heurte cependant aux tensions du marché local. Ce pourquoi il nous est apparu nécessaire d’aller chercher d’autres niches de revenus et de nouveaux partenaires désireux d’investir en Afrique et dans la zone UEMOA. La création de Sitexco répond à cet enjeu, en facilitant la recherche d’investisseurs à travers le monde.
Quels enjeux africains pouvez-vous adresser depuis une place financière nord-américaine comme le Canada ?
Choisir une place financière comme le Canada répond à un enjeu de diversification des risques et sources de placement. D’un côté, la place africaine est confrontée à une pénurie d’investisseurs institutionnels, tout en offrant des rendements intéressants ; de l’autre, les marchés anglo-saxons sont excédentaires mais confrontés à une problématique de rentabilité. L’idée derrière la création de Sitexco est donc de répondre conjointement à ces enjeux, en drainant les ressources disponibles sur les marchés nord-américains, européens ou asiatiques vers des niches africaines intéressantes en termes de rendements.
Opérer depuis le Canada nous permet de prospecter des investisseurs du monde entier plus facilement que nous le ferions depuis le Burkina Faso. Cela nous permet également de toucher la diaspora africaine qui souhaite contribuer au développement de l’Afrique. En quelque sorte, Sitexco fait office de pont entre les investisseurs institutionnels internationaux et l’Afrique.
Pouvez-vous en dire plus sur le type de projets financés et les secteurs émergents en Afrique ?
Aujourd’hui, la demande en termes d’investissements et de projets structurants est très forte en Afrique. Celle-ci provient à la fois du secteur public, avec des États qui ont de plus en plus recours à des produits financiers sophistiqués plutôt qu’aux grandes banques de développement internationales ; et du secteur privé, notamment de la part des banques africaines ou des entreprises, quel que soit le secteur d’activité : énergie, finance inclusive, agriculture, transports, nouvelles technologies… Tous les secteurs africains sont en recherche de financements, portés par la démographie et la jeunesse de la population d’une part, et de l’autre par le développement des infrastructures destinées à répondre aux besoins de cette population toujours plus nombreuse.
Quel message souhaiteriez-vous passer aux investisseurs nord-américains ?Je constate que les investisseurs américains, européens ou asiatiques connaissent encore mal un continent africain qu’ils associent à des risques largement surévalués. Les préjugés ont la vie dure. Or les rendements proposés sur le continent sont assez élevés, au-dessus de la moyenne mondiale. A condition de dépasser ces préjugés, l’Afrique apparaît donc comme une formidable terre d’opportunités, avec des pays d’avenir. Investir sur le continent permet aux investisseurs de diversifier leurs actifs, en misant sur une population jeune et urbaine, et sur des marchés en pleine croissance.
Source : Décideurs Magazine





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