Orezone et Iamgold sont deux compagnies minières canadiennes qui tirent la majorité de leur production d’or du Burkina Faso. Alors que le gouvernement burkinabè renforce son implication dans le secteur, Iamgold a déjà conclu des deals lui permettant de réduire son exposition au pays ouest-africain.
La compagnie canadienne Orezone Gold a annoncé en début de semaine l’acquisition de Hecla Quebec, filiale de Hecla Mining active dans l’exploitation d’or au Canada. La transaction inclut une contrepartie pouvant atteindre 593 millions de dollars canadiens (437 millions USD) et permet au propriétaire de la mine burkinabè Bomboré de diversifier la répartition géographique de sa production d’or.
En prenant le contrôle de Hecla Quebec, Orezone obtient en effet 100 % d’intérêts dans la mine d’or canadienne Casa Berardi qui a livré 86 648 onces en 2024. Pour 2026, une production située entre 83 000 et 91 000 onces est attendue. La transaction donne aussi à la compagnie plusieurs projets d’exploration dont le plus avancé, Heva-Hosco, héberge 1,2 million d’onces dans les ressources indiquées et 600 000 onces dans les ressources inférées.
« La combinaison de Casa Berardi et de Bomboré crée une plateforme multi-actifs avec une production et des flux de trésorerie disponibles solides, positionnant Orezone pour une croissance à court terme et une création de valeur à long terme », explique Patrick Downey, PDG d’Orezone.
Selon le communiqué du 26 janvier, la contrepartie de l’opération repose sur une combinaison de paiements immédiats, différés et conditionnels. Orezone versera 160 millions de dollars canadiens à la clôture de la transaction, ainsi que 112 millions de dollars canadiens sous forme d’actions représentant 9,9 % de son capital du groupe après leur émission. À cela s’ajoutent 80 millions de dollars canadiens de paiements différés, dont 30 millions versés dix-huit mois après la finalisation et 50 millions trente mois après. La part restante, 241 millions de dollars canadiens, dépendra de la performance future de Casa Berardi et de l’évolution du prix de l’or.
Dans les pas de Iamgold
Le choix canadien d’Orezone n’est pas un cas isolé ces derniers mois au Burkina Faso. Son compatriote Iamgold qui exploite depuis 2010 la mine burkinabè d’Essakane, la plus grande du pays, a lui aussi accéléré sa diversification vers son pays d’origine. En octobre 2025, la compagnie a annoncé l’acquisition de deux juniors minières, afin de renforcer son portefeuille de projets aurifères canadiens.
Cette stratégie s’appuyait déjà sur la montée en puissance de Côté Gold, entrée en production commerciale en août 2024, et appelée à réduire progressivement le poids d’Essakane dans la production de Iamgold. La production attribuable de la mine burkinabè a atteint 372 000 onces en 2025, soit 48 % du total des différentes mines, contre une production de 409 000 onces en 2024, qui représentait alors 61 % de la production attribuable du groupe canadien.
Ni Orezone ni Iamgold n’ont explicitement mis en avant le contexte burkinabè pour justifier leurs choix récents. Ceux-ci interviennent toutefois dans un environnement plus contraignant pour les producteurs d’or du pays, marqué par une montée du nationalisme des ressources. L’exemple de la mine d’or Kiaka illustre cette évolution, avec la demande des autorités d’obtenir jusqu’à 50 % d’intérêts aux côtés de l’australien West African Resources. Plus radicalement, un autre canadien, Fortuna Mining, a choisi en 2025 de se retirer du pays en cédant sa mine de Yaramoko, invoquant « un environnement des affaires de plus en plus difficile au Burkina Faso ».
Iamgold et Orezone n’ont en revanche pas montré d’intention de céder leurs actifs au Burkina Faso. Orezone y a déjà renforcé sa présence en 2025, en achevant en décembre dernier la première phase du projet d’agrandissement de la mine d’or Bomboré. Alors que cette dernière a livré 118 746 onces en 2024, la compagnie canadienne y anticipe une production de 170 000 à 185 000 onces en 2026, avant une montée en puissance jusqu’à 250 000 onces à moyen terme.
Source: Emiliano Tossou – Agence Ecofin





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